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Dimanche 4 janvier 2009
Voilà c'est décidé, j'arrête le blog, toutes les bonnes choses ont une fin. Après 2 ans et demi de blog, je tire ma révérence. En fait, je n'ai plus tellement l'envie ni la motivation, ce blog était entièrement dédié à ma passion de la montagne et bien que je sois toujours aussi passionnée et amoureuse de la montagne, j'ai aussi d'autres projets qui vont me demander toute mon énergie pour les années à venir.

Merci à tous mes compagnons de cordée avec qui j'ai pu faire des sorties exceptionnelles. Merci à Pierre, Jean-Marie, Nico, Olivier, Armelle, Aline, Laurent, Laure, Dani, Yannick... pour nos rires, nos discussions existentielles et nos (rares) engueulades.
Merci à tous ceux et celles qui ont mis des commentaires sympa sur le blog, ceux que je connais et les autres! C'était un vrai encouragement.


Je fais rapide, histoire de ne saouler personne et j'en profite pour vous souhaiter à tous une merveilleuse Année 2009, pleine de joie, de réussite, de santé, de projets et surtout pleine de sorties en montagne. Profitez-en!

Bon allez, pour une fois, je vais dévoiler un peu de ma vie personnelle. Pour Franck et moi, 2009 sera l'année BMM (Bébé, Mariage, Maison). Alors, que demander de plus?
Par Alice - Publié dans : Montagnes d'hiver
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Mercredi 8 octobre 2008


 

Utah pratique: Un petit topo sur un voyage "topissime"
Quand partir?
La meilleure période va de Septembre à Novembre. Avant, il fait trop chaud et après, trop froid.
S'organiser?
Un billet d'avion: Delta propose depuis peu un vol direct depuis Paris pour Salt Lake City. Nous avons choisi American Airlines (prix plus abordable et possibilité d'avoir 2 bagages de 23 kg par pers). Attention, en cas de changement de vol, prévoir suffisamment de temps pour récupérér les bagages et les ré-engegristrer (opération obligatoire pour les arrivées internationales sur le territoire americain)
Ou louer une voiture?
Par internet enterprise.com pas cher. Les voitures sont disponibles à l'aéroport et pas à 10 bornes, ouverts de 07h00 à 23h00
Les topos?
Le plus complet mais qui manque de photos à mon goût Rock Climbing Utah - Edition Falcon
Un specifique sur Indian Creek... mais il n'y a qu'Indian Creek
Un specifique sur Desert Climb: Les classiques, les imanquables. Toujours le même éditeur
On trouve tout sur place à Moab, un des magasins d'escalade se trouve juste à côté de la grande surface city market. En plus ils sont sympas.
Le kit du grimpeur?
Des mythos (le chausson roi du confort, indispensable pour la bas..) Des friends, des vieux friends et les amis de tous vos vieux friends. Surtout des camalots jaunes et des bleus. Du 0.5 au 4.5 voire plus. Une corde à simple de 60-70m et une corde à double de 2X50 pour les grandes voies.
Des protections pour les mains: soit des gants que l'on se fait quotidiennement avec du strap, soit des gants que l'on peut acheter sur place. Très pratique et un poil moins éthique peut être!
Un peu de vocabulaire?
"squeeze chimney": comprendre en fait une renfougne, franchement, ne pas trop s'engager dans une voie ou il est écrit squeeze chimney à moins de s'y être bien préparé... A bon entendeur!
"jam" : Le coincement, on peut tout utiliser, les mains, les bras, les coudes, les pieds. Il est toujours bon de "jammer" par ici.
"off-width cracks": Ca, ça veut dire que la fissure est assez large et que, par conséquent, protéger risque d'être un peu aléatoire.
"lay back" :la position préférée des Européens et la moins appréciée des Américains, bref la dulfer.
"Dihedral": Dièdre, c'est tout simple mais quand on ne connaît pas le terme on se sent un peu "con".
Et si je n'ai pas été assez claire, alors voici quelques petites informations qui peuvent vous intéresser:
http://www.ehow.com/how_6971_climb-jam-crack.html http://www.uoregon.edu/~opp/climbing/topics/cracks.html

Bon allez, je vous laisse plutôt profiter de l'aperçu ci dessous. Le plus dur pour moi a été de selectionner quelques photos car aujourd'hui, avec le numérique, on en prend tellement qu'on ne sait plus lesquelles choisir.


Potash Road - Secteur Wall Street






Fisher Tower - Ancien Art

 






Casteltown Valley : Castletown Tower & The Rectory







Montre moi tes mains et je te dirai qu'elle fissure grimper, Indian Creek Pratique

A Indian Creek, on apprend vite que la cotation ne veut plus dire grand chose, car même les plus forts se retrouvent taquet dans du 5.10 (équivalent 6A). Ce qui compte, c'est la largueur de la fissure, donc la taille du camalot, donc la couleur dominante qui va être utilisée: Du rouge, du jaune, du bleu??? Chacun se fissure. Les petites mains se trouveront plus à l'aise dans du jaune (taille 2) alors que les grosses paluches préfèreront le blue (taille 3).

Comment décrire la fissure d'Indian Creek? De 20 à 30m, simple ou double, rectiligne ou ondulée, souvent franche (mais pas toujours..) étroite ou carrément évasée (on y glisse un doigt de pied ou carrément le corps tout entier),verticale, dans un camaieu d'ocre la fissure impose par sa beauté.
Parfois, il faudra prendre 8 friends de la même couleur/taille pour faire une voie, du coup, on se prête les camalots entre grimpeurs et l'ambiance devient vite sympathique.

Pour ce qui est du camping, c'est simple. Tous les grimpeurs se retrouvent au même camping accessible sans 4X4. On continue la route vers Canyolands et sur la gauche après l'étendue d'eau on prend la route. Ensuite, ça bifurque à droite. Sinon, il suffit de demander aux autres grimpeurs. Ils connaissent. Ici, il n'y a rien. Prévoir nourriture, eau (beaucoup) et essence avant d'arriver sur place.




Indian Creek - Secteur Donnely Canyon








Indian Creek  - Secteur Blue Gramma








Indian Creek - Secteur SuperCrack Butress










Arches National Park et Canyonland National Park





 
Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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Lundi 15 septembre 2008
30-31 Août 2008

Hésitation + petite forme + crevasse + météo pessimiste = Demi tour

Le week-end était pourtant très bien parti. Une montée au refuge pépère pour samedi, une nuit à la belle étoile et un joli sommet pour dimanche.

Mais voilà, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Samedi, je profite encore d'une grasse matinée pour aller faire les courses au marché (ça c'est vraiment la classe). Je donne rendez-vous à mes deux gardes du corps devant chez moi (encore plus classe) et me laisse embarquer dans leur voiture jusqu'au parking du tour.


Les sacs sont faits et vu leur poids, nous optons pour la version touriste et prenons les remontées mécaniques pour gagner du temps, de l'énergie et du dénivelé. A mi chemin, je comprends mieux pourquoi certains sacs étaient plus lourds que d'autres: Jean François sort le pâté... dans un bocal en verre! Il y a à manger pour un régiment, et la pause déjeuner est vraiment royale.


Ensuite nous montons au refuge Albert 1er puis cherchons un bon emplacement de bivouac. Il y a tout plein de terrasses parfaitement bien aménagées tout autour du refuge. Vu le monde qui monte au refuge (une vraie autoroute), je suis bien contente que nous ayons opté pour l'option belle étoile.


Une bière au refuge, puis dégustation de bolino, c'est dit, les pâtes bolo sont meilleures que les carbo! Miam...Une tisane, quelques carrés de chocolat.. et je m'enfile dans le duvet. La nuit sera très douce et je vois même quelques étoiles filantes. Vite, je fais un voeu.


Réveil à 3 heures, l'horizon est voilé et ne nous dit rien qui vaille. Départ peu après en passant par le haut du glacier (de nuit, c'est plus sur). Jean-François ouvre la marche. Et là, va savoir pourquoi, au risque de faire la chieuse, je trouve que notre encordement est trop court et je demande de le rallonger. A peine quelques minutes plus tard, un pont de neige et plouf.. Jean-françois dans la crevasse qui apparemment était plutôt du genre abyssale (à vrai dire, un peu refroidie, j'ai pas osé trop regarder).


Conclusion: il n'y a aucun regel. Le plan, éperon Migot ne nous semble pas une bonne idée, nous nous rabattons sur l'arête Forbes. En plus nous avons perdu pas mal de temps. Nous voyons 1-2 cordées faire demi-tour, pourquoi donc? Les nuages s'épaississent et la météo est incertaine. Une dernière petite tentative pour nous, mais pour aujourrd'hui, il nous manque le supradyne.


Nous decidons de rentrer bredouille, enfin pas tout à fait, car être en montagne et papoter sous un ciel étoilé c'est déjà merveilleux.
Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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Lundi 25 août 2008

Tout est dans le titre.

16 Août 2008

L'après Dru: Dodo, boulot, dodo, dodoooo, boulot, dodo encore dodo et week-end récup

Sans blague, les Drus, c'est que ça fatigue comme course. Même en allant faire la voie la plus accessible du coin. Tant et si bien qu'il m'aura fallu une bonne semaine pour récupérer; j'ai même dormi 11h00 dans la semaine, humm, un vrai bonheur. Et quand le week-end eut pointé le bout de son nez, quel ne fut pas mon bonheur de découvrir que la météo prévue était médiocre.


Ouf, je ne vais pas culpabiliser et vais pouvoir continuer à me reposer. Car sinon, je n'aurai pas bien eu le choix, un week-end de beau temps, ça ne se laisse pas filer. Bon le plan, c'est d'aller se balader, tranquillou, sur les hauteurs de Sallanches et de me laisser initier au gonflage de voile de parapente si les conditions le permettent.


Une petite grasse matinée supplémentaire et hop, en fin de matinée nous filons vers les sentiers bien balisés du coin. Ma motivation n'est pas à son paroxysme mais je prefère être dehors que devant la télé. Ici pas de danger objectif.. et c'est franchement super agréable.


Le seul truc, c'est de mettre un pied devant l'autre c'est pas sorcier non? Nous faisons une pause (qui sera définitive pour moi) aux Chalet de Mayères et petit à petit le sommeil me gagne...Voilà que je m'endors dans l'herbe.. pour me réveiller une heure plus tard sous le vacarme des ULMs et hélicos alors que Nicolas se prépare pour décoller d'un peu plus haut.


Sortie sympathique avec une initiation "gonflage" de voile infructueuse pour moi!

23-24 Août 2008

Les pipelettes sont de sortie en Italie

Vendredi, direction Machaby en Italie pour aller grimpouiller et surtout papoter entre gonzesses. Il faut le dire ça fait du bien de temps en temps. Parler de tout de rien, refaire le monde autour d'une bonne pizza et d'une bière. 


Au passage, on grimpe un peu mais tranquille, sur un rocher magnifique, du Gneiss. Bucco d'Arancia et Lo Zerby sont les grandes voies prévues pour samedi et dimanche. Les classiques et plus faciles du coin qui, étrangement ne sont pas patinées.


Evidemment, nous nous écarterons un peu de la voie, histoire d'aller voir sa petite ou plutôt sa grande soeur. Et vas-y que je tire sur la dégaine, et vas-y que je mets une sangle dans le spit et le pied dans la sangle. Bref, pas très éthique ni esthétique comme grimpe.


L'essentiel, c'est de passer, alors en même temps, je m'en f.... royalement de l'éthique dans ce genre de situations. Pour le coté touristique Béa et moi même recommandons fortement le gite
Lakia idéalement situé à Arnad: 24 € - pers - nuit avec petit déj et croissant chauds. En prime vous aurez un accueil chaleureux et une propreté impeccable.



A éviter: le restaurant qui est dans le bâtiment vert à 200m de là (sauf si vous ignorez le service et l'amabilité). En même temps, je crois que c'est le seul, alors en se concentrant sur ce qu'il y a dans son assiette, ça va bien, surtout après une bonne journée dehors.

 




Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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Mardi 12 août 2008

09-10 Août 2008

La traversée des Drus, du petit au grand, un rêve qui devient réalité

Voilà longtemps que je caressais l'idée d'aller tout là haut, mais cette entreprise n'était pas gagnée d'avance car pour aller là bas, il faut qu'un certain nombre de conditions soient réunies.


Tout d'abord, un temps très stable, les Drus étant réputés pour attirer les nuages avant les autres sommets ainsi qu'un petit phénomène naturel de décharge électrostatique disruptive qui se produit lorsque de l'électricité statique s'accumule entre des nuages d'orage ou entre un tel nuage et la terre qui s'appelle la foudre. Ensuite, un rocher sec (j'ai pas prévu de faire une course dans des conditions hivernales) et en bonus, un glacier pas trop ouvert. Enfin, THE compagnon de cordée.


THE compagnon de cordée, c'est celui qui aime les traversées, le granit, l'ambiance haute montagne, les bavantes, les manips de corde,  potentiellement se fourvoyer dans l'itinéraire, poser des friends et des coinceurs, passer dans des couloirs exposés aux chutes de pierre, sur un glacier bien crevassé, éventuellement coincer les rappels ET accessoirement, me supporter; tache ô combien difficile. C'est donc mon ami Olivier Chatel qui acceptera cette mission du week-end.


Cette fois-ci je n'oublierai pas mon sac à dos, mais étant tête en l'air et hésitant entre mes deux appareils photos (le lourd ou le léger, le léger ou le lourd), j'arrive finalement à boucler mon sac sans appareil photo. Olivier lui, ne se pose pas la question: il a cassé le lourd, ce sera donc le léger qui partira avec nous.


De l'été c'est la première fois que je prends le train du Montenvers et je ne suis pas mécontente de rester dans les environs ce week-end. Nous montons au refuge de la Charpoua tranquillement en admirant le paysage et en papotant tout le long. Là haut, nous serons accueuillis avec le sourire, un kir, un excellent dîner en compagnie de quelques personnalités du coin: Magnin, Colonel, Perillat, Fredriksen et surtout un coucher de soleil à vous couper le souffle.

A 3h30 nous sommes prêts à partir, nous progressons rapidement et sommes même en avance sur les horaires du topo. Mais c'était sans compter sur le côté espiègle de cette montagne. Quelques mètres trop à gauche et hop, nous voici hors de la voie. Du coup, il nous faut louvoyer et faire une longueur d'artif épuisante pour revenir sur le bon itinéraire.



Le rocher est globalement bon mais demande beaucoup d'énergie pour le vaincre! Plus on monte et plus les pas athlétiques se succèdent. Mine de rien, c'est assez fatiguant. Peu avant l'arrivée au Petit Dru, je suis aux prises d'une crise de tétanie dans les mains qui me paralyse totalement. Impossible de bouger les doigts qui sont recroquevillés dans la paume et durs comme du bois. De l'eau et un power gel vont m'apportent quelques instants de répit mais jusqu'à la fin, je serai très régulièrement privée de l'usage de mes mains. D'ailleurs, mes genoux et tibias s'en souviendront pour un moment encore, pas de jupe pendant 15 jours!


Je garde le moral et avec les encouragements d'Olivier nous arrivons au Petit Dru. Enfin cette statue que j'ai si souvent vue en photo est devant moi. Je pense à ceux qui sont arrivés là par des itinéraires plus complexes et ont dû, eux aussi, savourer cet instant. Pas un nuage à l'horizon, nous entamons la traversée et le Z bien qu'athlétique sur sa dernière partie n'est pas si long que ça.



 Je m'imaginais une fissure bouchée par la glace mais en fait c'est une large fissure dans laquelle on peut passer tout le corps qui est encombrée de glace. Un piton à gauche, un friend à droite, je fait tout pour gagner centimètres par centimètres avec l'aide précieuse d'Olivier qui a du en avoir marre de me tirer. Mes mains ne répondant presque plus, il fallait bien trouver une solution.


Maintenant il faut descendre, Olivier passe un coup de fil au gardien pour confirmer que nous dormirons au refuge.
Les rappels des Drus, c'était toute une histoire mais maintenant c'est nettement plus aisé: une ligne de rappels a été équipée en 2006. Un spit et un piton à chaque relais. Certes nous coinçons un peu les cordes, certes nous cherchons ces relais mais nous préférons 11 rappels sur spit que 20 sur sangles a priori pourries et vieux pitons rouillés!



Peu avant 21h00, nous sommes au refuge, attendus avec une tartiflette et un quatre quart aux ananas, merci Christophe. Ensuite, la nuit tombe et les frontales s'allument ça et là dans les parois. Certaines cordées arriveront au refuge à 4h00 du matin, d'autres plus tard encore.
 
Pour nous, cela aura été presque 18h00 de course; pour les Drus, parcequ'ils le valent bien. Magique, somptueux, je suis fière et heureuse d'être allée tout là haut, dans cette montagne remplie d'histoire. Je pense encore à ceux qui sont venus là, là première fois, des pionniers et ai encore la tête dans les nuages!
Merci encore à Olivier pour cette merveilleuse aventure, son récit est là:
http://olivierchatel.blogspot.com/2008/08/traversee-des-drus-avec-alice.html
Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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Lundi 4 août 2008
1-3 Août 2008

Traversé du Lyskamm O-E, une arête aux courbes italiennes et délicieusement suisse

Comme d'habitude je prépare mes affaires la veille d'une course, comme d'habitude je mets dans la voiture crampons, piolets et chaussures et comme d'habitude je mets la musique à fond une fois partie. Mais ce vendredi, pas comme d'habitude je me rends compte que j'ai oublié....... mon sac à dos.


Incroyable, tout est là dans le coffre, de la frontale à la bombonne de gaz, des chaussettes de rechange à la crème solaire mais pas de sac à dos. Catastrophe, celle là, je ne l'avais encore jamais faite. Bon, après quelques coups de téléphones infructueux et en dernier recours je réussis à me faire prêter un sac à dos par le gérant d'un hôtel ou j'avais séjournée il y a quelques années.


Ouf, j'arrive pile à l'heure pour rejoindre Aline et Sébastien. On charge la voiture et hop, direction Zermatt. A partir de là, on sort la carte bleue à tout bout de champ. Mais bon, il faut bien payer son sommet non?


C'est dans le brouillard que nous quittons le Petit Cervin ou KleinMatterhorn pour rejoindre le bivouac Rossi et Volante. Et dans le brouillard c'est une autre paire de manche pour y aller. Un accueil chaleureux nous attend: 12 personnes sont là, allongés sur les couchettes et c'est à peine si nous avons le droit à un bonjour. On essaye aussi Buongiorno, Hello... l'effet est le même.


C'est un peu la bataille ici pour se faire à manger mais tout rentre dans l'ordre rapidement. Dans la soirée j'en profite pour lire le topo du coin en anglais. Quelle surprise! Ici on parle de compétences requises pour telle ou telle course. La cotation ne se résume donc pas seulement à une difficulté technique et à un engagement. J'apprends donc que pour faire la traversée du Lyskamm il faut une "steady balance" et un excellent "managing cramponning". Ils sont trop forts ces anglais!


La nuit sera très très courte et nous avons tous du mal à dormir serrés comme des sardines. Une petite surprise nous attend au reveil: 10-15 cm de neige sont tombés dans la nuit. Mais heureusement le ciel est dégagé et seules les étoiles et les frontales brillent. Nous nous enfonçons dans la neige et nous relayons avec une cordée d'Helvètes pour faire la trace.


Derrière nous, de plus en plus de cordées nous suivent bien contentes j'imagine que la trace soit faite. Nous atteignons le sommet du Castor peu après 6h00 et enfin le jour pointe le bout de son nez pour nous réchauffer. Car il faut clairement le dire, ici, ça pèle!


On devine maintenant le Lyskamm qui se profile sous nos yeux avec ses arêtes connues pour être vertigineuses et cornichées. Nos efforts seront récompensés arrivés au premier sommet. Une vue à couper le souffle.


Plus nous avançons, plus les arêtes se rétrécissent et s'effilent et plus elles requièrent de l'attention. C'est avec grande précaution que nous avançons, pas à pas, sur ce fil vertigineux à 4500m d'altitude jusqu'au sommet E.


Nous croisons Laure et Dani... C'est vraiment sympa de se retrouver dans cet univers si majestueux. Et ça fait toujours plaisir de partager ses impressions. Nous rejoignons ensuite le bivouac F- Giordano suffisamment tôt pour nous assurer une place couchette!


Là encore, le bivouac va se remplir tout au long de la journée pour atteindre un taux de remplissage de 300%. Nous sommes environ 20 et il n'y a que 6 places. La table ira dormir dehors et nous, nous irons dans les couchettes sauna en haut. Il doit faire 30 degrés là dedans, c'est infernal. Des italiens, des croates, de polonais, des suisses.... toute l'Europe ou presque est blottie dans cette cabane en métal. Ambiance garantie!


Evidemment, le reveil n'aura pas besoin de sonner à 2h30 et le plus compliqué ce matin sera de récupérer nos affaires dans tout ce désordre. Notre objectif est d'aller faire la Pointe Dufour mais le vent, le froid et le manque de matériel nous feront renoncer au Zumsteimpitze.
Et c'est sans regret car nous en avons pleins les mirettes!
Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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Lundi 28 juillet 2008
26-27 Juillet 2008

Face NNE de la Lenzspitze et traversée Nadelhörn

La météo avait dit: orages probables le soir; cela voulait-il dire également pluie assurée le matin? Voilà a commencé le week-end quand nous sommes passés en Suisse ce samedi matin, direction Saas-Fee et que nous avons découvert les nuages menaçants s'attarder sur les sommets.


Je relate ici le fruit de mes pensées de cet instant:
"Et merde, on va se taper la montée en refuge sous la flotte et arriver trempés jusqu'aux os. Pff, quel manque de bol. Fais chiiiier".
Voilà, c'était pour le petit couplet vulgaire qui fait du bien.
Surtout qu'en fait, nous sommes passés entre les gouttes et c'est tout secs que nous sommes arrivés au refuge Mischabelhütte.


Super accueil du gardien qui a bien voulu nous garder 2 places bien que le refuge soit complet. Mais quand à la nourriture, il y a de gros progrès à faire.
La soupe, hyper salée, la viande, hyper grasse et les légumes hyper sans goût. Ok, ok, j'arrête de râler. Le meilleur c'était la salade de fruits... en boite.



C'est pas tout ça mais on a une course à faire. Ici, le gardien se donne la peine de nous réveiller à 2h30 du matin et c'est appréciable. Un bol de thé, 2 tartines beurrées et à 3h00 nous partons sous l'oeil "paternel" du gardien. C'est qu'il prend soin de nous!


A la frontale, nous montons dans les rochers et prenons vite pied sur le glacier. La face de nuit se devine et c'est fort heureux, car elle est bien plus imposante que sur une photo ou sur un topo. Presque 500m entre la rimaye et le sommet.


En synchro avec une autre cordée, Franck fait la trace, nous montons silencieusement. Je regrette vite de ne pas avoir pris 2 piolets tractions mais les conditions sont vraiment bonnes et je ne m'en trouve pas pénalisée.


Une pause de 2 minutes pour boire un coup et nous repartons.
A 6h00 nous sommes au sommet, nous sommes à 4300m environ. Ouf, voilà une bonne chose de faite.


Pour la petite parenthèse, je remarque quand même que c'est incroyable la gentille petite compétition qu'il peut y avoir entre 2 cordées. Surtout quand derrière il y a 2 nanas. Du coup, c'est pas pour dire mais je le dis quand même, c'est à peine si j'ai eu le temps de prendre des photos.
En moins de temps qu'il n'en a fallu, nous avons parcouru cette traversée entre le Lenzspitze et le Nadelhörn (prononcer Naadeulhoeurn). En tous cas, ici, le rocher est tip top, rien à voir avec la semaine dernière.



Et là, au sommet du Nadelhörn, c'est plutôt la cohue. Les cordées qui viennent de la voie normale et celles qui viennent de Bordierhutte se regroupent près de la croix. La vue est superbe, surtout quand nous nous retournons pour enfin contempler cette face si raide.


Il est temps de redescendre bien qu'encore tôt. Les sommets se voilent et la météo va encore faire des siennes pour aujourd'hui. Retour au refuge peu après 10h00. Les chevilles et les genoux en prennent un coup dans la descente jusqu'au parking. Enfin, la voiture avec un petit détour par une poêlée de Spätzli qui mettra une heure à être servie.


Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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Mardi 22 juillet 2008
De changement de plan en changement de compagnon de cordée pour cause de blessure c'est finalement pour l'aiguille des glaciers que nous décidons d'aller, enfin disons plutôt que Yannick réussit à me motiver.
Mais avant de partir dans mon récit j'en profite pour mettre 2 photos que je trouve sympa prises ces derniers jours quand le temps n'était pas au top.



21-22 juillet 2008

Arête Küffner (l'autre) à l'aiguille des Glaciers

Entre l'Italie et la France se cache cette belle arête, sauvage, très peu fréquentée et qui vaut le détour... surtout pour son bivouac!
Quel plaisir de se prendre le vent, la pluie et la grêle pour monter chargés comme des baudets au bivouac de l'Estellette. L'avantage du vent, c'est que ça fait sécher les habits assez rapidement. Donc, en suivant les marquages jaunes dans le couloir nous arrivons au col et au bivouac en 4h00 depuis le parking.


Un demi tonneau de métal se dresse là,à flanc de paroi, surgi de nulle part. Je crois qu'à ce jour, c'est le plus petit bivouac que je découvre. C'est génial de se retrouver ici. Malheureusement, pour la vue, c'est pas encore ça. Nous profitons plutôt de des nuages et de la grêle.


A ce sujet, le bivouac n'est pas tout à fait étanche, mais c'est ça qui fait tout son charme.. Il n'y a pas de matelas, seules quelques couvertures en guise de confort mais cela suffit largement. Il y a également de quoi faire des kilos de pâtes non périmées et de nombreuses bougies. Un livre d'or, monté par un petit garçon de 8 ans dans lequel on découvre qu'a eu lieu un enterrement de vie de garçon ou encore les espoirs d'une cordée réduits à néant pour cause de pluie.



Réveil peu avant le lever du jour pour prendre le petit déjeuner face au Mont Blanc. Je n'ai pas vraiment dormi à cause de la grêle qui tambourinait sur la tôle. Finalement nous partons au lever du jour et découvrons cette belle arête. Nous y allons tranquille tout en admirant le paysage et faisons quelques pauses photos. Seulement voilà, l'arête est beaucoup beaucoup plus longue qu'il n'y paraît et le rocher beaucoup plus m"&*%=!!que qu'il n'y parait. Nous avons régulièrement fait partir des blocs.



Nous ne nous pressons pas franchement pensant toujours être proches du sommet. Bon en même temps, on ne peut pas trop courir sur un terrain comme ça. Entre les rochers branlants et les courtes sections d'arêtes neigeuses vertigineuses, il y a de quoi faire attention.
Fort heureusement les 2 longueurs peu avant la fin sont en meilleur rocher (on trouve une sangle au départ de la première longueur ainsi qu'un piton un peu plus haute dans cette même longueur).
La course d'ailleurs demande beaucoup d'attention car il nous faut tester toutes les prises. Les heures défilent et les nuages montent. Nous n'atteignons le sommet qu'à 15h00.


Et là, c'est pas fini! Il faut à nouveau franchir, contourner encore quelques gendarmes et des sections neigeuses pendant moins d'une heure. Enfin un spit salvateur mais les nuages sont maintenant légions. Evidemment, nous coinçons la corde et quand enfin à 17h00 nous posons pieds sur le glacier, nous sommes enveloppés dans un épais brouillard. Là je stresse! J'ai pas du tout envie de dormir là.


Des traces à peine visibles puis un balisage nous permettent de rejoindre rapidement la moraine et le parking... peu avant 20h00. Ouf, c'est la fin. Une bonne bavante comme je les aime une fois rentrée à la maison.

Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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Lundi 30 juin 2008

28-29 Juin 2008

Qui l'eut cru? Il m'aura fallu tant d'années avant de découvrir Zermatt et le Cervin d'une autre façon que par la traditionnelle carte postale ou brochure touristique. Et pourtant, Zermatt, c'est vraiment pas si loin de chez moi. En revanche, il vaut mieux être riche dans le coin, car c'est le coup de bambou. Mais c'est un luxe ma foi fort sympathique auquel je ne renonce pas.




De l'Italie à la Suisse, de Roccia Nera au Breithorn: une belle arête mixte qui vaut le détour

Apparemment, cette course se fait à la journée, mais pour nous l'objectif est de faire bien ET seules. Habituées au rôle de suiveuses, de secondes de cordées, Laure et moi avions décidé de changer un peu les rôles cette fois-ci pour être plus autonomes. Donc pour ce week-end, une cordée de fille devant et une cordée de garçons, derrière pour superviser le tout, au cas où.


Samedi, donc, nous voici dans les rues de Zermatt d'où je découvre pour la première fois de ma vie le Cervin, euh pardon, le Matterhörn. Imposante pyramide qui semble se contorsionner au dessus de Zermatt. Ici, les touristes affluent et nous aussi brandissons nos APN (appareils photo numériques) pour immortaliser ce géant. Les dernières courses sont faites et hop, nous prenons la benne pour prendre pied sur la Glacier Paradise..


Quelques heures plus tard, nous arrivons au bivouac Rossi et Volante. Déjà 7 personnes sont sur place et une autre cordée arrivera plus tard. Au total, nous serons 13 dont 1 ronfleur écossais pathologique qui m'empêchera de dormir toute la nuit malgré mes coups de coussin acharnés et successifs. "sorry, sorry", facile à dire sorry!

Je n'ai pas besoin d'attendre que mon réveil sonne car je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit et dès 3h30, je suis debout et mets en route l'eau à chauffer pour le thé. Laure a mal à la tête.. c'est l'altitude. Nous partons tranquillement sur les coups de 4h30 pour atteindre plus tard la Roccia Nera, notre premier 4000 de la journée.


De la, nous assisterons à un lever de soleil magnifique et franchement, je me suis dit, que je devrais plus souvent me lever tôt pour voir cette lumière caresser les cimes. Dani et Alex nous suivent et me servent de modèle pour mes photos.


La première partie de l'arête est aisée, le regel est bon et de récentes traces nous guident. Enfin, de toutes façons, sur une arête de neige, ce n'est pas bien compliqué de trouver l'itinéraire: c'est (presque) toujours tout droit. Néanmoins, celle ci est bien cornichée et parfois très aérienne. Sensations garanties!


La partie rocheuse est facile et surtout si on ne sait pas où aller il suffit de regarder les rochers qui sont griffés par les crampons. Parfois, il y avait même trop de neige ce qui nous a demandé plus d'attention. Laure gambade surtout dans les parties effilées et aériennes. On s'amuse bien.


Petit à petit, de Roccia Nera au Breithorn W, ce ne seront pas moins de 5 sommets ou plutôt d'antécimes que nous parcourerons sur 2500 m. Au sommet, nous sommes glorieuses et fières de nous; de notre cordée de filles. Un ressenti inhabituel mais vraiment fort. C'est sur, on recommencera!




Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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Dimanche 29 juin 2008

21-22 Juin 2008

Mais c'est où la Lauzière? Pour vous éviter un travail supplémentaire, je suis allée sur google et voici ce que Wikipedia écrit:
Le massif de la Lauzière est un massif des Alpes françaises qui se situe en Savoie entre la rive droite de la Basse-Maurienne et la rive gauche de la vallée de la Tarentaise, culminant à 2829 m. Pour faire simple, ce n'est pas très loin de Moutiers en venant d'Albertville.

Grand Pic de la Lauzière: Rave Party

Les week-ends de mauvais temps se succèdent et se ressemblent depuis presque un mois. Moi, ça me donne un coup au moral. L'avantage, c'est qu'on a pas besoin de laver sa bagnole!
Bref, quand le beau arrive, on n'ose pas vraiment sortir tout de suite car les pentes de neige risquent de ne pas être stables, ou parceque il y a trop neige etc, etc... Du coup, notre course d'arête initialement prévue se transforme en rando-alpi-escalade tranquillou bilou en Lauzière.


Départ du col de la Madeleine avec Yannick de bonne heure. Il a vraiment une sacrée frite et j'ai de la peine à le suivre. Heureusement qu'il s'arrete de temps en temps car sinon, ce serait la cata! Il doit faire déjà 15 degrés et c'est beaucoup trop pour moi. En moins de temps qu'il n'en faut nous rejoignons les névés qui sont encore très nombreux et imposants pour la saison.

Bon, ensuite, l'escalade, c'est joli, le rocher est bon, tout plein de spits et c'est largement surcôté. Du coup, on profite du sommet un bon moment avant de redescendre de l'autre côté versant N. La descente est en fait la voie normale de ski de rando que j'avais faite l'année dernière.


L'énorme avantage du coin, c'est que, contrairement à l'hiver, il n'y a pas un chat. Et, je me dois aussi de rappeler que l'on mange "délicieusement" bien au gite du Bellacha à Pussy.

Falaise de l'Alouette: Trognon de Banane

Partis pour faire Gloire à Satan dimanche matin, nous pensons nous être complètement foutus dedans pour ne pas dire autre chose. Néanmoins, le mystère reste entier quand au départ de la voie. Nous sommes armés de tout l'attirail de friends et de coinceurs mais ceux-ci ne nous serviront pas.

Journée donc sympathique au soleil et j'ai quand même réussit à me casser la gueule 50 m avant d'arriver à la voiture. Résultat.... une belle égratinure et pantalon obligatoire au boulot pendant toute la semaine (même avec 30 degrés)

Par Alice - Publié dans : Montagnes d'été
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