Avant de ranger les skis: petit tour en Haute Maurienne

Publié le

Pour ces 4 jours, la météo prévoit du beau temps, du beau temps et encore du beau temps. De quoi se décider pour aller faire un petit tour en dehors de haute savoie.

01-04 mai 2008

Petite Ciamarella ventée et descente poudreuse

Nous avons rendez vous avec Guillaume à 7h30 à Bonneval sur Arc. Je cale mon GPS sur "trajet le plus rapide" et je me rends vite compte que ce dernier ne fonctionne pas correctement: mais quelle honte! Me faire passer par le col de l'Iseran en plein hiver? Vraiment quelle aberration. Comment se fait-il que les GPS soit disant toute dernière génération ne sache pas faire la distinction entre les trajets "été" et "hiver"?
Finalement, j'accumulerai 30 minutes de retard: entre les gorges de l'Arly fermées, mon GPS qui fait des siennes et mes arrêts voiture pour regarder la carte, je ne m'en sors pas si mal!



L'intérêt de faire cette course en fin de saison est que l'on évite un long plat de quelques kilomètres puisqu'en voiture on peut aller jusqu'au parking de l'Ecot et gagner par là même quelques centaines de mètres de dénivelée.
Guillaume découvre ses nouvelles peaux taillées de la veille et ses nouvelles chaussures: il y a encore l'étiquette dessus. Nous n'avons pas fait 5 minutes que le voilà déjà en train de râler contre ses peaux qui vraisemblablement ne sont pas assez tendues: du coup, l'étrier avant ne tient pas en place et la peau... se détache.

On glisse pas mal pour monter au refuge des Evettes, je dépense assez d'énergie et vide déjà la moitié de ma gourde d'eau.. zut. Il faut que je fasse un ravitaillement illico. Pause abricots et on repart à peine plus légers. La trace semble être faite en tout cas, jusqu'aux premiers séracs car ensuite, le vent a recouvert les traces qui ont été faites il n'y a pas plus de quelques heures. Guillaume est en grande forme et j'ai de la peine à le suivre.


Nous arrivons au col et le vent souffle fort encore et encore, nous profitons d'une brève pause déjeuner pour passer de l'autre côté du col et ne pas subir le souffle du vent! Aujourd'hui, nous n'irons pas au sommet: il y a pas mal de glace sur les rochers et avec le vent, tout cela ne nous donne pas envie.


Nous profitons d'une poudre fantastique à la descente ce qui me permet même de faire de la godille, c'est pour dire! Petite variante dans un couloir entre les séracs, un peu raide pour moi mais ça passe bien. Une fois sur le replat, il faut un pousser sur les bâtons mais on ne s'épuise  pas trop. Houblon bien mérité de retour au refuge ou nous retrouvons Yannick, Renaud et Thomas.


Albaron: montée par les Evettes et descente par le glacier supérieur du Vallonet

Alors que l'équipe des jeunes (Renaud, Thomas et Yannick) va faire la petite Ciamarella par un couloir en face N si mes souvenirs sont bons (cf série de photos ci dessous que je ne peux m'empêcher d'admirer), nous partons de notre côté pour l'Albaron. Histoire de ne pas se retaper à nouveu le plat du glacier des Evettes, nous nous organisons pour faire ce sommet en boucle.






Le temps est à nouveau radieux et l'approche jusqu'à la selle de l'Albaron demande de l'énergie: il faut quasiment tout retracer.  Heureusement qu'il n'y a pas trop de vent. Guillaume en profite pour faire de nombreuses photos et nous regardons de temps en temps l'évolution d'autres cordées dans les itinéraires voisins.
Je passe le relais à Guillaume qui va se charger de tracer l'itinéraire pour accéder au sommet. De toutes façons, je suis nettement moins à l'aise dans ce terrain, surtout lorsqu'il n'y a aucune trace récente. Et hop, on met les skis sur le dos et on chausse les crampons.


Je ne sais pas pourquoi, mais nous avons vraiment l'impression que les personnes qui nous suivent, nous laissent suffisamment d'avance pour ne pas avoir à passer devant et faire l'itinéraire. C'est agaçant par moment, surtout quand on a même pas un merci au sommet. Le civisme pourrait-il exister en montagne? Nous serons les premiers à profiter du sommet ce jour mais ce sera rapide car le vent souffle fort.


Rapidement, on repère les spits et le relais pour faire le rappel de 15m (les spits sont à 2-3 mètres du bord) et le rappel dans le 2ème couloir en partant de la pointe si mes souvenirs sont bons. Guillaume me mouline mais je m'emmêle un peu les pinceaux entre les cordes fixes que j'attrape d'une main et  mes bâtons sans dragonnes que je dois tenir de l'autre main. C'en est presque comique.


Enfin la descente, une des plus belle que j'ai pu faire car nous n'avons vu personne! Seuls pour descendre 600m de poudreuse dans un environnement superbe. On fait des photos et des petites vidéos. C'est vraiment très classe.  Pour plus de précisions sur l'itinéraire, il suffit d'aller sur C2C.


Nous nous retrouvons tous à Bonneval avant de reprendre la route pour Aussois et monter au refuge de la dent de Parachée. Heureusement que l'on peut monter en voiture jusqu'au barrage.



Pointe de Labby, Col d'Aussois, Pointe de l'Observatoire en boucle

Aujourd'hui, nous l'avons dit, c'est repos. Donc, on faire une sortie tranquille, pepère: pas trop de dénivelée et pas trop de pente. Surtout qu'il va faire chaud, très chaud. Alors si on peut glandouiller tranquille au refuge de la dent de Parachée si accueillant, il ne faut pas hésiter.


Il se trouve que notre journée va différer quelque peu de notre programme initial. Le rythme de départ donné par nos deux fusées Yannick et Renaud ne me laisse ni le temps de boire, ni le temps de sortir l'appareil photo et encore moins le temps de mettre les couteaux.
En deux temps trois mouvements nous sommes au col de Labby. Mais la montée est en neige dure et il y a une traversée que je trouve raide et un peu expo. Sans les couteaux, je peine par moment et me maudit: "pourquoi ne les ai-je pas mis avant car maintenant c'est trop tard". Grrrr. Un bon exercice me direz-vous. Je demande à Guillaume de se mettre sous moi, c'est complètement psychologique mais moi ça me rassure.


Donc, arrivés au col nous nous séparons: le clan des pépères: Thomas, Guillaume et moi, et le clan des fous furieux: Yannick et Renaud. Du coup, nous passons en mode détente. On accède à la pointe Labby sans difficulté et nous décidons de redescendre de l'autre côté afin de rejoindre le replat qui nous permet de remonter au col d'Aussois. La descente est assez raide et surtout la neige est béton. Franchement, je n'ai pas vraiment envie de tomber. C'est bien dommage car quelques heures plus tard, cette descente aurait été superbe.

Nous voici repartis pour remonter au col d'Aussois en pleine chaleur cette fois-ci. Et comme cela ne suffit pas, je propose d'aller faire ce tout petit sommet qui nous tend les bras. Il est si près que ce serait dommage de ne pas en profiter. Nous laissons les sacs au col et atteignons quelques minutes plus tard la Pointe de l'Observatoire qui porte bien son nom.



Nous croyants plus malin que les autres et surtout que la carte, nous n'imaginons pas à cet instant qu'il va falloir remonter pour atteindre le refuge. Et bien, nous avons essayer de couper, et le résultat est que: "cela ne marche pas". Tout au mieux on gagne 50 m. Donc franchement, autant se faire plaisir et descendre jusqu'au refuge du Fond d'Aussois et remonter ensuite les 200-300 derniers mètres si pénibles en cas de pénurie d'eau et de grosse chaleur. Au total encore une journée à 1800m de denivelée, ça commence à faire!

Dent de Parachée, par la Brèche de la Loza

Après avoir passé deux merveilleuses soirées au refuge de la Dent de Parachée, il est temps pour nous de clôturer ces quatre jours par le must coin: la Dent de Parachée.


En fait cette sortie relève à mon sens plus de l'alpinisme que du ski de randonnée mais cela a l'avantage d'aborder la Haute Maurienne sous un angle différent. De bon matin, nous voici partis pour cette fameuse dent! Les pentes qui permettent d'accéder au couloir sont recouvertes de boulettes dures formées par une ancienne avalanche ce qui ne facilite pas notre progression.


Déjà Yannick et Renaud sont devant, suivis de peu par Guillaume. Ensuite, Thomas et moi. On remonte le couloir sur 300m environ (merci Guillaume pour cette trace parfaite et régulière) dans une bonne neige dure. Arrivée à la brèche il nous faut effectuer une traversée ascendante et exposée vers un replat qui nous permet de rechausser.


Je mets les couteaux voyant Guillaume devant ayant de la peine. Nous faisons une pause au col et y laissons les skis avant d'aller au sommet. La vue depuis le sommet est splendide surtout avec un temps pareil. Il est déjà tard et nous devons redescendre, le couloir n'est pas encore transformé et du coup, je descends en dérapage. Je commence à bien le maîtriser celui là!


































Et voilà, quelques heures après nous sommes de retour à la voiture fatigués de ces 4 journées intenses mais super heureux. Un programme parfaitement bien organisé par Yannick! Un grand merci pour m'avoir fait découvrir ce coin.

Publié dans Montagnes d'hiver

Commenter cet article